Les possédées de Morzine
 
Avertissement : la possession est une question très complexe, on ne peut donner ici qu'un éclairage pour tenter d'expliquer le  phénomène et  permettre  à chacun de se reporter à des ouvrages, dont ceux cités en fin d'article.    LPD 29 mai 2012

Préambule : Qu'est-ce que la possession?  Dans notre monde occidental, il s'agit essentiellement d'un Démon ou du Diable qui est censé s'être emparé de certaines  ressources physiques et/ou mentales d'un individu pour le contraindre à des actes auxquels il n'adhère généralement pas, dont il ne se souviendra pas et qu'il réprouve dans son état normal.
L'état de possédé se manifeste à l'occasion de crises qui peuvent durer quelques minutes, une demi-heure et parfois davantage. Il se traduit par des contorsions, des éclats de rage, des paroles impies et blasphématoires. Mais, pour ne pas être une simple crise d'hystérie, il doit y avoir des phénomènes paranormaux, c'est-à-dire que  la personne doit faire  des choses qu'elle ne peut pas faire en temps normal : parler une langue étrangère qu'elle ne connait pas,  découvrir des choses éloignées et secrètes  (don de voyance), avoir une agilité ou une force physique exceptionnelle et inexplicable. Le calme revenu, la personne possédée  oublie généralement tout et son  comportement redevient tout à fait normal.

En l'absence de réponse médicale, les remèdes traditionnels de jadis étaient essentiellement d'ordre religieux. L'église catholique proposait : la confession, le jeûne, la prière, la communion, les objets bénis et surtout l'eau bénite et l'exorcisme. L'exorcisme consiste, au nom du Christ, à intimer au démon l'ordre d'avouer son nom, puis de quitter le possédé. Aujourd'hui, les phénomènes de possession existent toujours, mais ils sont rares et le Vatican,  tenant  compte de l'évolution de la médecine et de la psychiatrie,  demande aux exorcistes de  suivre fidèlement  les recommandations du nouveau rituel et d'être  très prudents  avant de conclure à l'état de possession car, le plus souvent, les malades ont surtout besoin d'un psychiatre.

Observation préliminaire sur la possession de Morzine   Au Moyen Age et au cours des deux ou trois siècles suivants,  on  a constaté de nombreuses affaires de possession. Faute d'éléments objectifs, on en attribuait la cause  à des jeteurs de sorts, à des sorciers  qui sont différentes formes d'actions du diable et qu'on appelle "les forces du mal " dans la théologie actuelle.
Deux affaires de possession sont particulièrement connues pour avoir eu un grand succès au cinéma : les possédées de Loudun en  1634 (1 mort sur un bucher, le curé qui aurait ensorcelé 17 religieuses)  et les Sorcières de Salem en  1692   aux Etats Unis, 21 personnes pendues à tort suite à des accusations  de deux jeunes filles (dans un village de colons anglais protestants).

  L'affaire de Morzine présente plusieurs aspects particuliers :
- Elle est très récente et a duré longtemps (1856-1873)
- Beaucoup de personnes sont concernées, 150 à 200, de différents âges
- Ces personnes vivaient dans le monde et non en communauté close
- Il n'y avait pas que des femmes mais aussi quelques hommes (une dizaine environ)
- Les faits se produisent souvent, toujours en public et pas dans un contexte mystique
- Morzine se situe  au fond d'une vallée de montagne alors sans communications faciles avec les régions environnantes; beaucoup de femmes morzinoises n'avaient jamais quitté le village, des hommes aussi.
- Il y avait des écoles tenues par des religieux : pour les garçons (Frères des écoles chrétiennes et vicaire-régent) et pour les filles (Sœurs de la Charité de la Roche)
- Curieusement, les faits ne se produisaient qu'à Morzine, jamais quand les malades étaient  ailleurs
- Comme souvent en pareils cas, des religieux sont parties à  l'affaire, mais sans preuves réelles d'un rôle effectif dans la création des conditions qui auraient  favorisé la survenance et l'entretien de la maladie.
- plusieurs médecins spécialistes ont pu examiner les personnes concernées mais sans résultats probants ; malgré tous les moyens mis en œuvre, il n'a pas été possible de trouver les causes du mal ni les raisons de sa disparition. Pour les médecins, la possession est une maladie.
- Le gouvernement sarde a fait le minimum mais, dès le rattachement à la France, le gouvernement français a pris l'affaire très au sérieux et a désigné un haut fonctionnaire pour traiter l'affaire : le docteur Constans, inspecteur  général des asiles d'aliénés. Le sous-préfet de Thonon a été particulièrement actif.

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1-Le milieu : Morzine était alors un village de 2200 habitants, situé au fond de la vallée d'Aulps. Les habitants étaient  essentiellement des paysans,  vivant en autarcie et très chichement du produit de leurs petites exploitations et à l'écart du monde, surtout les femmes dont beaucoup n'ont jamais quitté le village. Bien entendu, ils étaient tous catholiques pratiquants. Chaque année, 2 ou 3 centaines d'hommes  allaient faire les saisons, souvent comme tailleurs de pierres ou maçons  (comme à Samoens). Cette situation n'avait rien de particulier, elle était comparable à celle de nombreux villages de montagne en Savoie et ailleurs.

2-Les faits
 -17 mars 1857 : Péronne, une jeune fille de 10 ans se rend à l'école. Au cours du trajet, elle est le témoin d'un grave accident dont est victime une de ses camarades. Elle était tombée dans la rivière en crue et des sauveteurs s'affairaient à  la ranimer et à la réchauffer. Péronne est obnubilée par le spectacle qu'elle a vu, même si sa camarade a eu la vie sauve. Elle est très choquée par ce spectacle, elle ne peut l'oublier. Soudain elle ressent des sensations inconnues et finalement son corps est pris de spasmes, de soubresauts  incontrôlés et irréguliers, de convulsions  et rapidement elle s'évanouit. Elle est transportée chez elle, elle reste dans un état de léthargie. Trois jours après, elle a une nouvelle crise à l'église puis le jour  d'après à la maison et aussi les jours suivants. Elle ne se rappelle de rien une fois  la crise  passée.
Quelques jours après, une camarade avec qui elle garde les chèvres est victime des mêmes phénomènes.  Ces jeunes filles avaient parfois, lors des crises, un comportement correspondant à quelqu'un qui reçoit un "message venant du ciel".
-Juillet 1857 : le mal s'est répandu, on compte alors une vingtaine de malades, dont des camarades d'école et le petit frère de Péronne.
La maladie se développe telle une épidémie. Les formes peuvent évoluer. Ainsi, en pleine crise, un garçon peut monter à un arbre avec une habileté exceptionnelle, des malades font des prophéties qui se révéleront exactes quelques jours après, ils  parlent des langues étrangères dont ils ne connaissent pas un mot. Des malades, habituellement très pieux, refusent d’aller à l’église, de prier, de rencontrer les prêtres ou  les « donneurs de mal ».  Pendant les crises, la force des malades est décuplée et il faut plusieurs hommes forts pour les maîtriser. Ils se désintéressent de leurs enfants, de leur famille, de leurs bêtes et de leurs intérêts matériels.
La population s'inquiète de cette  étrange maladie, qu'on appelle simplement "l'épidémie". Elle ne peut provenir que de manifestations diaboliques car les malades semblent subir un dédoublement de personnalité. Ce pourrait être le diable qui parle par leur bouche, les malades seraient donc "possédés".
Parallèlement, on constate que le bétail est aussi affecté par un taux de mortalité inquiétant.
Des prêtres pratiquent des exorcismes pour désenvouter les malades. L'évêque interdit les exorcismes, du moins les exorcismes publics, il recommande des prières.
Le médecin du village tente de soigner les malades par des thérapies antispasmodiques, sans succès.

-Août 1857 : l'intendant du Chablais envoie sur place le Dr Tavernier de Thonon. Ce dernier rejette l'idée de possession, il estime que les faits sont liés à la digestion et prescrit la séparation des enfants. Après son passage, de nombreuses jeunes femmes sont victimes de crises d'hystérie. Des exorcismes sont pratiqués en privé, généralement hors de la paroisse.
-Février 1858 : grandes crises à l’église.
-Mai 1858 : l’intendant sarde demande le changement du curé et du vicaire.
-1858 : visites de quelques malades chez un magnétiseur de Genève (M. LAFONTAINE).
-Automne 1859 : peu de manifesttaions de la maladie ; départ du vicaire FAVRE.
-Juin 1860 : mutation du vicaire-régent  (celui qui fait l'école).
-Septembre 1860 : la Savoie est annexée à la France. Le Dr Arthaud arrive de Lyon, parle de crédulité contagieuse et préconise l'éloignement des victimes. Il conclut à une "hystéro-démonopathie épidémique".
-30 septembre 1860 : le curé PINGET dit que la maladie n'a pas de caractère surnaturel, il est bousculé par la foule.
-Avril  1861: on compte jusqu'à 200 cas de possession. Un conseiller municipal, considéré comme « donnant le mal »,   échappe à un lynchage ; le préfet s’inquiète. Envoyé par le gouvernement, le Dr CONTANS, inspecteur général des asiles d’aliénés arrive à Morzine, il restera jusqu’en juillet. Il confirme le diagnostic de contagion mentale et demande le remplacement du clergé local. Il est accompagné de militaires  (une soixantaine): l'effet est sans doute dissuasif car le nombre de cas baisse. Le Dr CONSTANS demande aussi : l’envoi  de force des malades graves à l’hôpital de THONON, dans différents établissements d'accueil de malades de la région et même à l'asile d'aliénés de Bassens où on constate que leur comportement est tout à fait normal. Il demande  le renvoi  du curé PINGET et du conseiller municipal accusé de « donner le mal »; pour le curé ce sera fait en août (nouveau curé : l’abbé CHAMOUX).

Août et octobre  1861: 2 visites du Dr CAILLIES, médecin-chef de l’hôpital d’Annecy. Il reste en tout une huitaine de jours.
-Mars 1862 : Retour à Morzine de malades envoyés à Genève et à Thonon.
-Mai 1862 : rechutes de malades.
-Juin 1862 : arrivée d'un nouveau vicaire
-Septembre 1863 : recrudescence de l’épidémie ; nouvelle visite du Dr CAILLES.
-Janvier 1864 : des missionnaires viennent exorciser des malades : les esprits s'échauffent à nouveau.
-24 avril 1864 : le préfet de la Haute-Savoie, venu s'informer sur place, est molesté.

-30 avril et 1er mai 1864
: paroxysme de l’affaire, avec le scandale lors de la venue de l’évêque Magnin pour une cérémonie de confirmation. Quelques 70 ou 80 femmes sont prises d'une violente crise d'hystérie lors de son arrivée dans le village, puis dans l'église pendant la grand messe et aussi au moment des vêpres.
-Mai  1864 : arrivée de 60 militaires pour maintenir l'ordre.
-Juin 1864 : arrivée du Dr KUHN, directeur-adjoint de l’hospice d’aliénés de Pau, adjoint du Dr CONSTANS, il restera jusqu’à son décès, en 1867. On enferme les plus grands malades dans des établissements de la région  (y compris à Lyon), réservant l'asile d'aliénés de Bassens aux cas les plus graves.
-Juillet 1864 :   séjour du Dr CONSTANS  (est mal accueilli). Les cas se font de plus en plus rares. Le curé CHAMOUX est remplacé par l’abbé VALLENTIEN, qui restera plus de 30 ans à Morzine.
-16 septembre 1864 : le Dr CONSTANS revient; il est,  cette fois, bien est accueilli car la situation semble calmée. Avant de partir, il laisse des ordres de fermeté : isoler les malades en les enfermant. Il laisse aussi un commissaire de police qui restera tout l'hiver.
-Novembre 1864 : la situation semblant calmée : départ des militaires. Le docteur Tavernier de Thonon est chargé d'assurer la surveillance des malades en se rendant  2 fois par mois  à Morzine.
-1865 : 12 filles célibataires enceintes.   Y a-t-il un lien avec la présence de militaires?
-1869 : 6 femmes seulement se disent encore possédées.
-1870 : la situation devenue calme, le poste de gendarmerie est  supprimé. Mgr Magnin vient discrètement pour une confirmation, il n'y pas d'évènements particuliers notables.
-Printemps 1873 : nouvelle visite  de l’évêque d’Annecy pour la confirmation : pas d’incidents. La vie semble avoir repris son cours, comme si rien ne s'était passé.

3-Les malades
- chaque crise dure de 10 à 30 minutes, parfois plus. Leur périodicité est variable : une ou plusieurs fois par jour, puis un temps de rémission, de quelques jours à plusieurs années.
-en 1860, le  Dr ARTHAUD, médecin-chef de l’hôpital d’aliénés de l’Antiquaille à LYON,  a examiné 29 malades (les plus atteints): il y a 25 femmes (6 de moins de 20 ans, 12 de 20 à 40 ans, 7 de plus de 40 ans) et 4 hommes (1 de moins de 20 ans, 2 de 20 à 40 ans, 1 de plus de 40 ans).
- les malades éloignés du village ne semblent plus avoir de crises ; mais celles-ci peuvent réapparaitre quand ils reviennent chez eux
-les menaces de la famille ou des autorités qui se fâchent atténuent souvent le mal. Mais rien ne permet de penser que ces crises pourraient être simulées ou qu'une volonté pousserait à en accentuer les manifestations.
-les familles cachent les malades (notamment l'été dans les chalets d’alpage), semble-t-il, parce qu'elles savent bien que les spécialistes, sous des termes pompeux, estiment que ces malades sont victimes de crises de folie contagieuse. Il n'y a pas d'études permettant  d'apprécier l'incidence de ces maladies sur les parents et les familles, nul doute qu'il a dû y avoir de sérieux problèmes dans cette société montagnarde où on lave le linge sale en famille et à l'abri des oreilles indiscrètes. C'est sans doute ce qui explique le silence fait sur cette affaire, ceci d'autant plus que la plupart des familles du village étaient touchées de près ou de loin.

4-Le clergé
-A Morzine, il y a un curé, un vicaire, et un vicaire-régent qui tient l’école des garçons. L’école de filles est tenue par des religieuses.
-Au début, le curé essaye de faire des exorcismes,  l’évêque les interdira, ce qui décevra les malades qui pensent qu'on leur refuse un moyen de  guérir.
-Le clergé local refusant les exorcismes,  les malades  se rendent dans les localités voisines (Samoëns, St Maurice en Valais) pour trouver des prêtres  acceptant de les faire.
-Le point culminant et le plus spectaculaire de l’affaire a été la prise à partie de l’évêque d’Annecy, accompagnée de nombreuses crises publiques, lors de la cérémonie de confirmation, les 30 avril et 1er mai 1864, devant une foule énorme venue notamment des communes voisines.
- Importants changements de personnel ecclésiastique au cours de l’affaire (évêque, curé, vicaires). Ces  changements dans la paroisse laissent penser qu'on reprochait aux prêtres un comportement ayant une action sur la maladie, en particulier par le zèle déployé lorsqu'ils ont multiplié les cérémonies et organisé une mission en janvier 1864. Sans doute, n'étaient-ils pas assez ouverts aux idées modernes?
NB. Il ne semble pas y avoir de documents d'origine ecclésiastique, sans doute, en raison du secret de la confession imposé aux prêtres.
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5-Les médecins
-Le gouvernement envoie de nombreux médecins et spécialistes sur place.
-Les médecins ne croient pas à des phénomènes de nature surnaturelle, sauf peut être le Dr BUET, médecin de Morzine, très étonné de ce qu’il voit.
-Les médecins pensent à de simples  phénomènes d’hystérie,
-Ils pensent que les médicaments sont peu utiles, mais que pour soigner il faut éloigner les malades temporairement de leur milieu de vie (par des pèlerinages, des séjours dans les hôpitaux, des travaux à l’extérieur de Morzine). En effet, ils attribuent le caractère épidémique à l’autosuggestion dans ce monde rural fermé et aucun traitement n'a été pratiqué, exception faite de la préconisation, pour des raisons psychologiques, de médicaments sciemment inefficaces.

-On est frappé du caractère autoritaire des mesures proposées par le Dr CONSTANS et exécutées par l’administration. Sans doute, pensait-il, qu'il fallait frapper fort pour guérir rapidement des malades qui seraient  victimes de superstitions propres à des peuples arriérés? En quelque sorte, il se sentait chargé d'apporter les bienfaits de la civilisation et de la science. Le Dr Constans a -ou est supposé avoir- des relations avec l'empereur si bien que tous les services de l'état sont à son service.

6-la réaction des autorités :
-Durant l’affaire, deux régimes se succèdent, l’Etat sarde et l’Etat français. L’Etat français fait de l’activisme : envoi de grands médecins, envoi de gendarmes et de soldats, envoi des malades dans les hôpitaux voisins, accorde des secours aux familles des malades…
-L’Etat oppose la science médicale officielle  aux pratiques d’autrefois.
-Quasiment, seuls les agents l’Etat (médecins,  gendarmes, sous-préfet) donnent leur version des faits.
-Assez curieusement, les documents disponibles ne font pas état d'actions de la part des élites de la commune (maire, conseillers municipaux, notaires, commerçants….) ni des hommes. Pourquoi ce silence?

7-Conclusion
Finalement, on a l'avis des médecins  fonctionnaires – qui ne croient pas à la possession- mais on ne connait pas la position des autorités locales ni surtout celle des habitants et des malades.
Concernant les morzinois, on constate que l'affaire a été complètement étouffée,  sans doute avaient-ils un sentiment de honte et ont-ils voulu oublier? Toujours est-il que  150 ans après peu de personnes acceptent d'en parler, probablement parce qu'un ancêtre de leur famille était concerné. Il est très probable que la majorité des habitants d'aujourd'hui n'ont  jamais entendu parler de l'affaire.
  Au plan général, on a constaté que le nombre des cas de possession et d'ensorcellement a diminué au fur et à mesure du développement de la science. Mais au 21 ème siècle, on sait qu'il y a encore des croyances à des jeteurs des sorts et à des leveurs de sorts ou guérisseurs ou rebouteux, même si les intéressés n'osent plus le dire publiquement.  Ceci dans des milieux, sans doute,  peu évolués mais surement dans des familles en désarroi face à des situations que la science ne sait pas encore expliquer ni soigner. Il est vrai aussi  que des esprits « forts » ou « scientifiques » peuvent faire  appel à des médecines parallèles lorsque  la « médecine officielle » a montré ses limites.
On a constaté aussi qu'en  2011, l'assassin d'un enfant se défendait aux assises de Bourg en Bresse en disant  ne pas être l'auteur du crime mais que le responsable était quelqu'un qui habitait en lui, donc qu'il était possédé.

Dans son livre, Bernard Sache porte un regard d'historien, il cherche à faire comprendre au plus large public cet épisode douloureux. Selon lui, l'affaire de Morzine est révélatrice d'une parfaite méconnaissance par les autorités parisiennes de la réalité du monde montagnard rural de l'époque, ce serait un monument d'incompréhension. Il note également que parmi les possédées, il y avait un fort pourcentage de "vieilles filles" restées célibataires et il en tire la conclusion qu'elles étaient sans doute frustrées de n'avoir aucune place dans la société d'alors faute d'avoir des enfants. Finalement, il y a un élément positif : les morzinois y ont gagné  la route des Grandes Alpes dont les travaux avaient  débuté mais … par la vallée voisine du Brevon.
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Pour en savoir plus 
- Les possédées de Morzine – Livre 1 – Recueil de documents anciens - 2010 », par Jean-Christophe RICHARD, auteur local. Un tome 2 sur le déroulé de l’affaire est en préparation.
- Les possédées de Morzine 1857-1873 » aux PUF, par Catherine-Laurence MAIRE,  1981.
-Bernard Sache, La possession de Morzine, Editions La Fontaine de Siloé, 2011
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